La route menant au domaine des Alpes était d’ordinaire paisible, jusqu’à ce que trois SUV de luxe ne barrent le passage à Jean, un vieil homme qui vivait en ermite dans les bois depuis des décennies. Accompagné de ce que les citadins prenaient pour un vieux bâtard boiteux, Jean ne demandait qu’à passer. Mais l’arrogance n’a pas de limites. Un jeune homme, héritier d’une grande fortune parisienne, descendit de sa voiture pour l’humilier devant ses amis, jetant son mégot de cigare sur le vieil homme avant de lever une canne sur l’animal.
Le silence qui suivit fut plus lourd que le tonnerre. Jean ne broncha pas, mais l’animal à ses pieds se métamorphosa. Ce n’était pas un chien. C’était “L’Alpha”, un loup sauvage que Jean avait sauvé d’un piège des années plus tôt. Les muscles du prédateur se tendirent sous sa fourrure grise, et un groenement sourd, capable de glacer le sang, s’échappa de sa gueule entrouverte. Les rires des jeunes gens s’éteignirent instantanément, remplacés par une odeur de peur pure.
« Doucement, mon fils… ils ne valent pas ton sang », murmura Jean, posant une main calleuse sur la tête de la bête. Mais le message était passé. Alors que le meneur reculait, trébuchant sur ses propres chaussures de marque, il leva les yeux vers les bois environnants. Ce qu’il vit le fit s’effondrer : cinq autres loups massifs venaient de sortir de l’obscurité des pins, encerclant les voitures de luxe. Ce jour-là, l’argent n’avait plus aucune valeur face à la loi de la forêt. Le prédateur n’était pas celui que l’on croyait, et la forêt réclamait justice pour son gardien.